LMNP : changements majeurs dans le calcul des amortissements
Depuis 2025, une nouvelle mesure fiscale controversée bouleverse le secteur de la location meublée en France : la réintégration des amortissements dans le calcul des plus-values immobiliÚres.
Adoptée au terme d'un processus législatif chaotique et malgré de vifs débats parlementaires, cette disposition vise désormais les loueurs en meublé non professionnels (LMNP).
ConcrĂštement, les amortissements, jusqu'ici dĂ©ductibles fiscalement pour compenser l'usure des biens immobiliers, devront dorĂ©navant ĂȘtre rĂ©intĂ©grĂ©s dans le calcul de la plus-value en cas de vente. Cette rĂ©intĂ©gration augmente mĂ©caniquement la base imposable, potentiellement entraĂźnant une hausse significative de l'impĂŽt sur la plus-value, fixĂ© Ă 19 %, auxquels sâajoutent 17,2 % de prĂ©lĂšvements sociaux.
Selon une analyse du cabinet JD2M et ELM Conseil, cette mesure ne concerne toutefois pas tous les loueurs. Les exonérations restent nombreuses : transmissions gratuites (donations, successions), vente d'une résidence principale, ou encore réinvestissement dans une résidence principale sous certaines conditions précises. Par ailleurs, les résidences gérées (comme les EHPAD et résidences étudiantes) bénéficient d'une exemption totale de cette nouvelle rÚgle, contrairement aux résidences de tourisme.
Autre subtilité, seuls les amortissements effectivement déduits au régime réel sont concernés, excluant ainsi, pour l'instant, le régime micro-BIC. Une distinction qui, selon Stefano Demari, président de JD2M, pourrait paradoxalement avantager ce dernier régime pourtant souvent critiqué.
MalgrĂ© ces ajustements et ces exemptions, certains craignent que cette disposition n'affecte l'attractivitĂ© fiscale du rĂ©gime rĂ©el en LMNP. Pourtant, comme le rappelle l'Ă©tude, la dĂ©duction fiscale annuelle permise par lâamortissement demeure largement supĂ©rieure Ă l'impact nĂ©gatif de la rĂ©intĂ©gration lors de la vente, surtout en tenant compte des abattements progressifs liĂ©s Ă la durĂ©e de dĂ©tention du bien immobilier.
Enfin, Stefano Demari exprime son inquiĂ©tude quant au signal envoyĂ© aux investisseurs dans un contexte dâinstabilitĂ© fiscale chronique, soulignant un possible effet dissuasif prĂ©judiciable au secteur immobilier et Ă ses acteurs, petits propriĂ©taires en tĂȘte.




